C’est aujourd’hui qu’a eu lieu à Monaco la première rencontre entre Alain Weill, vice-président du directoire de NRJ group et directeur général d’NRJ, et les représentants du personnel de RMC, à la demande de l’intersyndicale de la station. Alain Weill était accompagné de Pierre-Yves Revol, PDG de RMC. La rencontre a duré près de trois heures et s’est déroulé dans une ambiance relativement tendue, confie-t’on à RMC. Alain Weill a exposé les grandes lignes du projet de reprise et de relance de RMC. Joint par RadioActu en fin d’après-midi, Olivier Gilles, secrétaire général du Syndicat des Journalistes de Monaco (SJM), a réaffirmé « l’inquiétude du personnel ». « Pour l’instant, nous restons vigilants, poursuit-il, nous craignons la mise en place d’un 4ème plan social. Nous restons très circonspects et attendons de voir quels seront les moyens mis en oeuvre par le groupe NRJ. » De son côté, dans un communiqué publié hier, l’intersyndicale CFDT, CFTC, CGC, SNJ, SMA et SJM de la station affirme avoir appris « avec stupeur la cession de RMC au groupe NRJ. La rapidité et l’opacité avec laquelle s’est déroulé cette vente entraîne au sein du personnel un sentiment de trahison de la part du groupe Fabre. L’intersyndicale attend que le groupe Fabre pèse de tout son poids sur le nouveau repreneur afin que celui-ci garantisse la pérennité des emplois ainsi que le développement des entreprises, ce que le groupe Fabre n’a pas sur faire. » Les négociations salariales engagées avec le groupe Fabre concernant la convention collective des journalistes ont été suspendues.
A Paris, Jean-Paul Baudecroux a souligné que NRJ Group compte déjà 130 journalistes. Il s’est félicité de ce rachat qui permet pour la première fois à NRJ Group d’accéder à une station généraliste. « Une page se tourne dans le monde de la radio, poursuit Alain Weill, puisque vingt ans après l’explosion de la FM, c’est une radio musicale qui rachète aujourd’hui uns station généraliste. » NRJ Group entend également réduire de façon très rapide les pertes de la station monégasque, qui s’établissent actuellement à 50 millions de francs, et devraient être réduites à 34 millions l’année prochaine. « Il n’a pas été précisé sur quels postes allaient porter ces économies », a confié le SJM à RadioActu.
NRJ Group souhaite développer les programmes locaux dans les grandes villes, notamment à Paris où RMC n’a que 50 000 auditeurs et poursuivre l’extension de la couverture de RMC vers le Nord de la France. Alain Weill a tenu à souligner que le rachat de RMC n’aura pas d’effet négatif sur le résultat 2000-2001 de NRJ. RMC va représenter un impact négatif de l’ordre de 30 millions de francs qui sera compensé par la récente OPE de Groupe Sonopar sur NRJ. Enfin, la question de l’avenir de Rire & Chansons reste posée. NRJ Group n’exclut pas de céder cette station, ou pour le moins de restituer une partie des fréquences pour éviter de tomber sous le coup de la loi anti-concentration. Du côté du CSA, pas de réactions officielles à la cession de RMC. L’autorité de tutelle devrait avaliser ou non la transaction dans les jours à venir, mais aucune date butoir n’a été fixée. RMC emploie actuellement 137 personnes dont 42 journalistes, dont la moitié à Monaco. Les autres se répartissant entre Paris et les 8 bureaux régionaux de RMC.
T.L.