Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a auditionné le mardi 18 juillet 2000, à l’occasion de l’examen du bilan 1999 de Radio France, M. Jean-Marie Cavada, président de cette société, accompagné de ses proches collaborateurs.
I- Situation financière et structures
Pour ce qui est du bilan économique et financier de Radio France, l’exercice 1999 révèle un déséquilibre apparent des comptes, puisqu’en dépit d’une gestion équilibrée, il présente un déficit de 39 millions de francs. Cette situation s’explique par les diverses provisions que la société a dû constituer pour les actions de modernisation engagées au cours des derniers mois, et par la faible augmentation des ressources publiques reposant en 1999, comme en 1998, sur la seule redevance.
Les recettes propres de la société, toujours très minoritaires en proportion, ont progressé de manière contrastée : les recettes de publicité et de parrainage augmentent de 13,5% et atteignent 158 millions de francs, soit environ 5% des ressources totales, tandis que les ventes et prestations de services baissent en 1999. Les charges ont, quant à elles, progressé de 3,7% mais les dépenses en personnel, qui atteignent 1 milliard 582 millions, progressent de 4,4%.
Pour ce qui est de l’activité de la société, l’année 1999 a été marquée par une refonte de l’organigramme de Radio France, donnant une plus grande autonomie aux chaînes nationales du réseau, placées chacune sous l’autorité d’un responsable unique jouissant de délégations élargies.
Dans le même temps a été créée une direction chargée des antennes locales et de l’action régionale, qui coordonne les 38 radios locales et les 9 stations FIP, le programme Urgences de Paris et Lille et la banque de programme Sophia. L’ensemble de ces réorganisations vise à constituer un groupe cohérent développant des marques fortes.
Enfin, l’année 1999 a également permis à Radio France d’amorcer une nouvelle pratique en matière de restitution de fréquences non utilisées. Radio France disposait fin 1999 de 2534 fréquences dont 500 non utilisées, contre 550 environ 9 mois plus tôt, ce qui renforce la fluidité de la gestion des fréquences.
II- Programmes
Pour ce qui concerne la vie des antennes, chacune des stations a connu en 1999 des réorientations souvent importantes : France Inter a dirigé ses programmes vers le dialogue politique, social et culturel, avec une implication plus affirmée des auditeurs et plus d’émissions sur l’actualité musicale. Les programmes de France Info ont connu plusieurs évolutions, pour trouver une tonalité plus vivante et élargir leur champ vers les nouvelles technologies. Après deux décennies de stabilité, les programmes de France Culture ont été articulés en journée autour d’une thématique principale, en recherchant une proximité accrue avec les auditeurs, en étoffant l’offre musicale et l’information. France Musiques a également simplifié sa grille et diversifié son répertoire au profit du jazz, de la comédie musicale et des musiques d’aujourd’hui. Enfin, Le Mouv’ a vu ses programmes mieux structurés avec des chroniques et des événements susceptibles d’intéresser un auditoire jeune tandis que Radio Bleue élargissait son audience vers les 45-60 ans.
Le Conseil a donné acte à la société d’un respect d’ensemble des dispositions de son cahier des charges en 1999. Cela a été le cas pour ses obligations en matière de sécurité routière, d’emploi, d’éducation, de consommation ou encore pour la représentation des principaux cultes pratiqués en France, pour la promotion du patrimoine, de la chanson francophone, de la langue française, de la création radiophonique ou encore de la musique vivante. En termes de diffusion, le volume de fiction » fraîche » a certes diminué à l’échelle nationale mais il est resté stable à l’échelon régional. En outre, les nouvelles productions, essentiellement documentaires, réalisées par les Ateliers de la création radiophonique ont augmenté tant en nombre qu’en volume.
Enfin, Radio France a poursuivi l’expérimentation et l’usage des nouvelles technologies (réseaux synchrones, RDS, DAB radio numérique) et étendu le recours au câble, au satellite, à la téléphonie mobile avec la diffusion des flashs de France Info sur le réseau Itinéris, ainsi qu’à Internet pour la transmission de ses programmes et de ses services.
En réponse aux questions des conseillers, le président Jean-Marie Cavada a brossé un tableau complet de la stratégie engagée par le groupe Radio France avec son » Plan Bleu « , évoquant la manière dont les radios publiques devaient s’insérer dans un paysage audiovisuel en pleine mutation, en s’appuyant sur les nouveaux modes de diffusion pour remplir encore mieux leurs missions de service, d’information et d’animation du quotidien. Il s’est notamment engagé vis-à-vis du Conseil a veiller à conserver une forte proportion de chansons d’expression française et à promouvoir les nouveaux talents sur les stations de Radio France.
18 juillet 2000Communiqué n° 422 du 18 juillet 2000